Archives de catégorie : revue de presse

3 travailleurs contrôlés   sur 4 en infraction   dans la construction 

AMANDINE CLOOT – Le Soir – 11 juillet 2016

Plusieurs mesures ont été mises en place   pour enrayer le dumping social dans la construction.  Dans ce secteur, deux entreprises contrôlées   sur trois étaient en fraude en 2015.  Une situation qui gèle l’emploi et l’économie belge.

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Un nouveau marathon pour le CoDT

Eric DEFFET – LE SOIR 09/01/2016

Plusieurs mois de débat sur le code de l’aménagement. Comme en 2014

Le parlement s’attaque au code Di Antonio deux ans après le vote du code Henry.   Un débat kilométrique mais déterminant pour l’avenir de la Wallonie.

Le 24 avril 2014, le parlement wallon approuvait à la hussarde le Code wallon du développement territorial (CoDT). Le texte avait été défendu par l’Ecolo Philippe Henry, ministre de l’Aménagement du territoire au sein d’une coalition qui outre les Verts, souvenez-vous, rassemblait aussi le PS et le CDH. La Wallonie se dotait enfin d’une législation moderne en la matière, pensait-on alors.
Erreur ! A l’été 2014, PS et CDH s’accordaient sur une déclaration de politique régionale. Et les choses n’ont pas traîné : début d’une réflexion sur « une réforme de la réforme » dès janvier, report sine die de la mise en œuvre des nouvelles règles en mai, consultations autour de Carlo Di Antonio tout au long de l’année (30 acteurs rencontrés régulièrement, 23 semaines de brainstorming, 90 réunions). Le tout pour accoucher d’un « nouveau CoDT » dont les députés wallons débattront dès ce lundi 11 janvier.
Vision à long terme
Le nouveau marathon parlementaire ne devrait pas s’achever avant l’été prochain. Trois réunions hebdomadaires sont prévues (lundi, jeudi et vendredi), en tout cas les semaines où siège l’assemblée wallonne. Avant les vacances de Noël, les élus ont offert un avant-goût de ce que devraient être les débats en se chamaillant sur la procédure ou l’audition d’experts dont la plupart ont été consultés par le ministre et/ou avaient déjà été entendus en 2014 lors de l’examen de la première version du texte. Cela promet.
L’opposition MR va se montrer très critique. Ecolo aussi avec Philippe Henry, désormais député, en première ligne. Même si tout n’y est pas à jeter, reconnaît son successeur au gouvernement, le CoDT défendu par l’Ecolo il y a un an et demi est très sérieusement amendé. « Je serai en tout cas intransigeant sur la simplification des procédures et des pratiques » , a déjà prévenu l’ancien ministre. Dans la majorité, PS et CDH devront aussi accorder leur violon, notamment sur les questions liées à la ruralité et sur les rapports entre ville et campagne.
Ce code concerne l’ensemble des Wallons. On songe aux particuliers ou aux entreprises pour leurs demandes de permis, les communes pour l’aménagement de leur territoire ou l’aménagement des centres urbains, les défenseurs de l’environnement pour la place à accorder aux éoliennes par exemple. Il y est question de permis, d’autorisations, de délais, de recours, depuis les nouveaux espaces résidentiels jusqu’à la création d’une zone d’activités économiques.
« Il s’agit d’aboutir à une vision territoriale à long terme comme l’impose l’Europe , a souligné le ministre Carlo Di Antonio en préfaçant le débat. Le contexte européen insiste surtout sur la nécessité de lutter contre l’étalement urbain. Or nous serons plus de 4 millions de Wallons en 2035, ce qui nous impose de construire 12.000 nouveaux logements par an. Enfin ce texte doit aussi contribuer au redéploiement économique de la Wallonie, simplifier et accélérer les procédures au bénéfice des citoyens, des entreprises et des pouvoirs publics. »
Autres textes attendus
Le CoDT version Philippe Henry entérinait des avancées majeures, qui sont conservées : une meilleure lisibilité des textes, la promotion de documents à valeur indicative plutôt qu’obligatoire pour augmenter la souplesse et la créativité dans les projets, l’instauration de délais de rigueur pour les décisions administratives, un meilleur dialogue entre tous les acteurs…
Le CoDT version Carlo Di Antonio précise l’organisation des délais de rigueur mais revient aussi sur les notions de centres urbains, de périmètres d’enjeu régional ou de sites à réaménager, pour des questions de sécurité juridique. On rediscutera aussi, parmi de très nombreux points, des éoliennes en zone agricole (le ministre préconise de les implanter le long des autoroutes) ou de la possibilité de monter des dossiers qui associent plusieurs communes.
L’objectif ? Une entrée en vigueur en 2016 encore avec l’adoption des indispensables arrêtés d’application. Mais la Wallonie n’en aura pas fini pour autant avec la réflexion sur son territoire. Le Schéma de développement régional (SDER), texte de référence dont le CoDT sera la boîte à outils, devrait être approuvé en 2017 et le guide régional d’urbanisme (les normes dans tous leurs détails) en 2018. On sera alors près des élections. En espérant qu’une nouvelle majorité ne décide pas de tout remettre en cause…

Verdir les espaces extérieurs des entreprises

 Le Soir 7 décembre 2015

Verdir les espaces extérieurs des entreprises

Tant d’entreprises disposent d’espaces extérieurs – pelouse, toit, friche, parking excédentaire… – qui pourraient être valorisés, au bénéfice de la nature mais aussi et surtout des collaborateurs. C’est le constat, empreint d’idéalisme, posé par Gérald Olivier et Benois Spies, deux ingénieurs qui ont abandonné des postes de salariés dans le marketing ou le conseil environnemental, fatigués d’un certain greenwashing. En lançant Seed Impacteam, ils espèrent convaincre un maximum de (grosses) entreprises ou zonings industriels de passer des belles paroles aux actes en plantant des arbres fruitiers, développant des éco-pâturages – pourquoi ne pas mettre quelques moutons dans cette pelouse ? – ou en aménageant des potagers urbains. « L’objectif est aussi de faire du team-building, sans devoir aller faire du rafting dans les Alpes », souligne Gérald Olivier. La proposition de valeur ? Seed Impacteam développe pour l’entreprise une offre verte « sur mesure », en se chargeant des relations avec les maraîchers, agriculteurs, apiculteurs, etc. Et elle assure un suivi du projet, « pour que les collaborateurs s’approprient véritablement leur verger ou leur potager. »

Coup de frein pour le projet Neo à Bruxelles

Le Soir le 8 décembre 2015

Le Conseil d’Etat donne raison à un recours introduit par 28 riverains

VANESSA LHUILLIER
Le Conseil d’Etat rejette en partie le plan régional d’affectation   du sol sur le plateau   du Heysel.  La Région doit justifier son choix d’implantation du futur centre commercial.
Ce lundi, le Conseil d’Etat a annulé partiellement le plan régional d’affectation du sol (Pras) pour le plateau du Heysel. Une décision qui ne réjouit ni la Ville de Bruxelles ni la Région, mais qui était attendue depuis des mois. Si cet arrêté ne remet pas en cause la philosophie du projet de réaménagement du plateau du Heysel, il risque tout de même de le retarder de quelques mois, le temps pour les juristes de trouver une solution acceptable pour le conseil.

Pour rappel, le projet Neo comprend dans une première phase la création d’un centre commercial de 72.000 m², un cinéma, un parc paysager de 3,5 hectares, 15.000 m² d’espaces de loisirs, 590 logements, une maison de repos, 2 crèches et 3.500 m² de bureaux. La salle de spectacle de 15.000 places du Palais 12 fait aussi partie de la stratégie régionale. Dans une deuxième phase, un centre de congrès international de 3.500 places et un hôtel devront aussi être construits.
Avec de tels enjeux, difficile de ne pas passer à côté de nombreux recours au Conseil d’Etat. Un premier était tombé contre la désignation du consortium Unibail-Rodamco suite à une plainte d’un des candidats évincés. La société mixte formée par la Ville de Bruxelles et la Région avait ainsi dû justifier à nouveau son choix avant d’avoir gain de cause.
En avril dernier, ce sont 28 riverains flamands qui avaient à nouveau déposé un recours à la chambre flamande du Conseil d’Etat contre le projet. En mai, l’auditeur du conseil avait rendu un avis négatif contre Neo. Selon lui, il aurait fallu mettre en place les modifications au Pras (plan régional d’affectation du sol) avant d’établir un projet concret.
C’est cet avis qui est aujourd’hui confirmé par l’arrêt du Conseil d’Etat. Il remet en cause la modification partielle du Pras pour la zone d’intérêt régionale (ZIR) Heysel. Il s’agit plus particulièrement de la construction du centre de congrès, de la salle de spectacle et du centre commercial. Le Conseil a jugé que les exigences du rapport d’incidences sur l’environnement n’ont pas été remplies en certains points. Il aurait souhaité que d’autres emplacements soient étudiés avant que Bruxelles ne décide d’implanter son centre commercial sur le plateau du Heysel. Il remet aussi en question les solutions apportées en matière de mobilité.
Après l’avis de l’auditeur du Conseil d’Etat, la Région avait déjà commencé le travail. « Nous prenons acte du rapport , a expliqué le ministre-président Rudi Vervoort (PS). Nous sommes tout à fait en mesure de motiver la création d’une ZIR au Heysel. Nous avons les solutions techniques et juridiques en main, et nous entendons les mettre en œuvre avec l’ensemble des acteurs du Heysel. » Il ne faudrait donc pas remettre en question le projet. D’ailleurs, en parallèle, le consortium travaille toujours sur l’élaboration de son dossier en vue d’introduire les demandes de permis nécessaires. La Ville, elle, continue l’élaboration de son plan particulier d’affectation du sol (Ppas) qui devrait aboutir en 2016.
Un jeu politique
entre la Flandre et Bruxelles
A Bruxelles, on ne s’étonne pas de cet arrêté mais plutôt du timing de celui-ci. En effet, il intervient quelques jours après que le gouvernement flamand a donné le feu vert pour le projet concurrent Uplace situé sur son territoire, à seulement quelques kilomètres de Neo. Or, si les deux centres devaient se construire, les projets ne seraient pas viables économiquement.
« Les juristes confirment que nous aurions pu procéder autrement mais trouvent que le Conseil d’Etat est allé très loin dans ce dossier , nous confie-t-on à bonne source. Tout ça est très politisé mais nous allons répondre point par point aux critiques. »

Des contraintes urbanistiques plus sévères pour les logements à Charleroi

Le Soir le 9 décembre 2015

La ville vient de durcir les critères d’octroi de permis  

D.A.
Des appartements de 60 mètres carrés comptant trois ou quatre chambres, des studios où la salle de bain n’atteint même pas deux mètres carrés : ce n’est pas à Londres ni à Tokyo que ça se passe, mais à… Charleroi ! « Si elle a suscité l’intérêt de villes comme Mons, Namur ou Wavre, la réglementation d’urbanisme en vigueur depuis 2013 pour la subdivision des maisons unifamiliales a montré ses limites » , selon l’échevine de tutelle Ornella Cencig (MR). C’est la raison pour laquelle à son initiative, une nouvelle circulaire vient d’être adoptée ce mardi par le collège communal carolo. L’entrée en vigueur a été fixée au 1 er janvier prochain. Sa force : apporter de la précision là où la précédente circulaire en manquait, notamment par rapport à la dimension des espaces intérieurs des logements. Dès le mois prochain, un appartement de 60 mètres carrés ne pourra plus compter qu’une seule chambre. Par chambre supplémentaire, il faudra 20 mètres carrés de plus. « Nous nous sommes également attelés à fixer des superficies réalistes – et des hauteurs sous plafond minimales – pour chacune des pièces, afin de garantir le confort des locataires. » Enfin, la surface brute habitable des immeubles à subdiviser a été légèrement augmentée, elle passe de 180 à 200 mètres carrés. Si la circulaire n’a pas force de loi, elle continuera à être appliquée avec rigueur au service urbanisme. L’an dernier, 415 demandes de subdivisions ont été instruites à Charleroi. « Nous en avons refusé 215, soit 60 %, pour 164 octrois de permis (40 %). » Les recours introduits chez le ministre ont été suivis dans 85 % des cas. L’échevine met en garde : les propriétaires qui prendront le risque d’effectuer des travaux sans permis en paieront le prix fort. « Chaque infraction urbanistique constatée donne lieu à l’élaboration d’un PV, et à l’ouverture d’une procédure pouvant aller jusqu’en justice » , note-t-elle. A la fin 2015, 300 infractions ont été constatées. « Nous en avons transmis la moitié au fonctionnaire délégué de la Région wallonne pour qu’il réclame aux auteurs des amendes transactionnelles, si les situations sont régularisables. S’il y a suspicion de fraude ou d’infraction pénale, le parquet du procureur du Roi en sera averti. »

La Louvière: le projet de centre commercial La Strada avance… doucement

 RTBF INFO
La ville de La Louvière a rendu un avis favorable pour le centre commercial La Strada. La construction des premiers logements sur cet ancien site des faïenceries Boch débutera en 2016.
Au salon Baticentre (à La Louvière), les nouvelles maquettes du projet ont été dévoilées pour la première fois. Coût global : 260 millions d’euros d’investissements (140 millions pour le centre commercial et 120 pour les logements).
Cela fait huit ans que le projet a vu le jour mais la Ville a – jusqu’ici – refusé d’octroyer les permis pour La Strada. « Il y a bien eu quelques frictions entre la Ville et nous, mais ici, la grande nouvelle, c’est que la Ville a validé : nous venons en effet de recevoir les permis pour la première phase de résidentiels que nous allons développer« , nous répond Peter Wilhelm (administrateur-délégué de la société de promotion immobilière Wilhelm & Co), qui ne cache pas sa satisfaction.
91 logements seront donc construits dès 2016. « On peut découvrir la commercialisation d’un premier jalon qui est proposé par le groupe Wilhelm & Co sur le site Boch, poursuit le bourgmestre Jacques Gobert. Nous sommes parvenus à un accord sur des éléments très importants : en termes notamment de superficie commerciale, de configuration des commerces, de type de commerces… »
Autant le dire : du côté de la commune, il ne reste que quelques détails à régler. Manque encore un avis positif du fonctionnaire-délégué. Les permis de bâtir sont donc pratiquement octroyés…
On parle aujourd’hui d’une ouverture du centre commercial pour la fin 2018.

LA LOUVIERE : La Strada: «Les travaux pourraient débuter fin 2016»

OLIVIER HENSKENS

LE SOIR : Lundi 13 juillet 2015

Le bourgmestre évoque des délais pour le centre commercial
La Société régionale d’investissement de Wallonie pourrait débloquer quelque 5 millions d’euros pour le centre commercial.
Avant, la Ville et le promoteur doivent encore s’entendre sur certains aspects du projet.

C’est un peu comme le Monstre du Loch Ness… Le centre commercial La Strada à La Louvière ressurgit de temps en temps dans le flot des débats et informations, mais le bâtiment, lui, on ne le voit toujours pas. Vendredi dernier, il en fut question via une annonce, celle de la Société régionale d’investissement de Wallonie qui pourrait débloquer 5 millions d’euros si les permis d’urbanisme, d’environnement et socio-économique sont accordés au projet.
Une bonne nouvelle pour le bourgmestre de La Louvière qui du coup ose de nouveau parler de délais: «Le dossier avance bien même si on est toujours en phase de négociation des permis. Mais tout se fait en étroite collaboration avec Peter Wilhelm. Il y a encore des choses à finaliser mais nous sommes très proches et nous nous sommes fixé un calendrier très serré pour y parvenir.» Très serré… mais encore? «J’espère voir les travaux débuter fin 2016. Ou, au moins, début 2017.»
Pour cela, il faudra d’abord accorder les permis… après que la Ville aura, enfin, remis son avis! Il faut rappeler que la demande du second permis d’urbanisme, celui du projet corrigé après l’avis négatif du premier projet, a été introduite en mai 2014…: «Mais il y a tout de même encore quelques problèmes à régler, des contraintes très spécifiques, notamment au niveau des expropriations.» Si le bourgmestre ne veut pas en dire plus à ce sujet, on sait qu’il y a toujours des soucis avec l’expropriation des colonnes d’air, au-dessus du parking du Delhaize, nécessaire pour la création de la passerelle qui serait le vrai lien entre le centre-ville et La Strada.
Il n’empêche, Jacques Gobert pense que ces questions seront réglées d’ici à la fin de l’année et que le permis pourrait dès lors être accepté fin 2015, début 2016: «Car notre volonté est toujours bien de pouvoir octroyer ce permis, en fonction de ces conditions encore à déterminer».
OLIVIER HENSKENS

MONS : dossier Caserne: «Un cas malheureux»

Le SOIR : Mardi 14 juillet 2015

Mons
Le député libéral (et échevin empêché de Mons) Georges-Louis Bouchez a porté le dossier «Caserne» au parlement wallon, ce lundi. L’élu a dénoncé «une situation surréaliste, le zèle de l’administration et la toute-puissance du fonctionnaire délégué de la Région wallonne» au détriment des architectes et des propriétaires qui ont investi dans cet ensemble composé de 117 logements de standing dans un quartier de la ville en plein renouveau.
Le 4 mars 2013, pour rappel (Le Soir de lundi), le fonctionnaire délégué a fait arrêter ce chantier titanesque pour une obscure question de couleur de brique. Expertises à l’appui, le bureau d’architecture Matador a démontré qu’il n’avait pas enfreint les règles urbanistiques. Mais le litige a abouti devant le tribunal de Mons qui a forcé les autorités et le promoteur à s’entendre sur de substantielles modifications des immeubles, alors que le chantier est achevé et les appartements occupés.
«C’est un manque de respect pour le travail des auteurs du projet, dénonce Georges-Louis Bouchez. Disons les mots: l’intervention de ces derniers jours sur le site a dégueulassé leur projet. Cela va à l’encontre du bon sens puisqu’ils n’ont pas commis de faute.»
Carlo Di Antonio (CDH), ministre de l’Aménagement du Territoire parle d’«un cas malheureux», mais rappelle-t-il, «le dossier a fait l’objet de conventions conclues devant le tribunal entre la Région, la ville et le promoteur, et qui lie les parties, même si je ne cautionne pas les prémices de cette histoire autour de la couleur de la brique.»
Le ministre veut tirer les leçons de ce saccage architectural: «Imposer des modifications en guise de compensation, cela n’a pas de sens. Cela prouve la nécessité de mettre en place une réunion préalable entre tous les acteurs en amont d’un projet. C’est prévu dans le nouveau code.»
Voilà qui ne fera pas le bonheur du bureau Matador qui continue à mobiliser autour de la mésaventure qu’il subit: «Nous renouvelons notre profonde indignation contre cet acte téméraire et violent de destruction d’un travail mené durant neuf années.» Lundi soir, la pétition sur internet flirtait avec les 700 signatures.
E.D.
POUR SIGNER LA PETITION COPIER  CE LIEN :
https://lapetition.be/en-ligne/Appel-a-soutien-16007.html
 
 

«Rendez-nous notre gare»

MARTINE PAUWELS

LE SOIR – Lundi 29 juin 2015

La Louvière Des artistes ont pris la défense de La Louvière-Centre
De cette gare à l’abandon, ils en ont assez. Ils veulent un arrêt digne de ce nom alors que tout autour le quartier est en train de renaître.

Et si le premier rôle des artistes était celui de l’insurrection? Dans le cadre de la biennale Artour, le collectif VOID renoue avec la création revendicative et s’approprie l’espace devant le Buffet de la Gare. Sur l’esplanade désolée, ils ont installé des bancs qui sont aussi des œuvres d’art. Ils représentent l’architecture de la gare en miniature. Touristes, visiteurs et usagers sont invités à s’y asseoir et à photographier la gare et ses environs depuis ce point d’observation coloré. Ils sont ensuite invités à envoyer leurs clichés sur la page Facebook lebuffetdelagare La Louvière. Avec, s’ils le souhaitent, des commentaires.
Les souvenirs de gare des usagers sont aussi les bienvenus. Car de nombreuses personnes, originaires ou non de notre région, ont passé des heures sur les quais ou les bancs de bois patiné de la salle d’attente. Ils ont bu des verres de bière et des cafés au buffet de la gare. Ils ont acheté des magazines et des bonbons à la librairie de la gare. Ils ont frissonné d’inquiétude en empruntant le souterrain qui, trop souvent, sentait l’urine. Ils ont médité en regardant les voyageurs passer. Ont fixé des rendez-vous. Se sont embrassés, se sont quittés, se sont retrouvés. Oui, la gare de La Louvière-Centre fait partie de l’imaginaire collectif de tous les habitants de la région du Centre.
Yves De Bruyn, l’hyperactif responsable du Centre Daily-Bul à La Louvière et Vincent Dierickx, inlassable responsable de la communication pour le Centre culturel régional du centre (CCRC) sont tous deux des usagers, passés, présents et à venir de la gare de La Louvière-Centre. Tous les jours, ils grimpent dans le train pour se rendre au boulot. «Passée une certaine heure, la gare est carrément un lieu hyper angoissant», témoigne Yves. «La salle d’attente fermée oblige le visiteur à entrer dans le Centre de La Louvière par une porte dérobée, en suivant un chemin incertain. C’est carrément surréaliste, enchaîne Vincent. Autorités et SNCB doivent se mobiliser, ce n’est plus possible.»
«Nous n’avons rien inventé», s’amuse cette fois Yves Debruyn en brandissant un tract datant de… 1949 et signé par le groupe Haute Nuit. Déjà à l’époque, c’est un collectif d’artistes surréalistes qui s’insurge, mais en faveur de la gare de Mons, cette fois. Le Louviérois Achille Chavée figure parmi les signataires. Les créateurs se révoltent contre un projet qu’ils qualifient de «machine à délivrer des tickets», conçue comme «un paravent pour trains». Une construction d’un «modernisme barbare», dénué d’humanité à l’égard des voyageurs et des habitants proches qui doivent subir la vue de «cette boîte à conserve de fumée».
MARTINE PAUWELS

CHARLEROI Une partie du chantier "Rive Gauche" a été mise sous scellés

M.C.  LE SOIR Mercredi 17 juin 2015

CHARLEROI Une partie du chantier a été mise hier sous scellés. Les terres évacuées étaient conduites sur un site pollué d’Anderlues en dehors de toute autorisation.
La société Wanty chargée du terrassement dit avoir été trompée par le propriétaire.
Le propriétaire des anciennes cokeries d’Anderlues nous a présenté une autorisation. C’est sur la base de celle-ci que nous avons envoyé les terres issues du terrassement de la place Albert Ier vers son site. Ce n’étaient pas des terres polluées. Il s’agissait essentiellement de matériaux pierreux.» Le porte-parole de la société Wanty n’a pas chômé hier après-midi. A charge pour lui de tenter d’éteindre l’incendie après la mise sous scellés par la justice carolo d’une partie du chantier Rive Gauche à Charleroi, où œuvrait son employeur en tant que sous-traitant.
Les travaux du futur centre commercial en sont au stade du terrassement. Chaque jour, des tonnes de terre sont évacuées. Où? Personne ne s’en inquiétait vraiment jusqu’il y a quelques jours et ce lien fait par le parquet de Charleroi entre le méga-chantier carolo et un site pollué d’Anderlues dont le propriétaire n’est pas un inconnu de la justice. En mars dernier, celui-ci faisait l’objet devant les tribunaux carolos d’une déclaration de culpabilité en rapport avec le fameux site d’Anderlues. Quelque 44 hectares pour lesquels il avait rêvé d’un avenir sans prendre véritablement en compte les obligations en matière de dépollution et de permis d’environnement. Les terres qui s’y amoncelaient depuis quelques semaines ont fini par éveiller l’attention des riverains et partant l’intérêt de la justice carolo qui désormais plus que probablement va chercher à savoir si la société Wanty était au courant ou non de l’absence d’autorisation du propriétaire.
Hier en fin d’après-midi, les scellés sur le chantier n’avaient toujours pas été levés. «L’entreprise Wanty (…) va proposer de façon imminente une nouvelle filière pour les déblais restant à évacuer, indiquait dans un communiqué une des porte-parole du promoteur. Rive Gauche espère dès lors que les terrassements pourront reprendre très prochainement.» C’est apparemment aussi la volonté du parquet.
M.C.