Des contraintes urbanistiques plus sévères pour les logements à Charleroi

Le Soir le 9 décembre 2015

La ville vient de durcir les critères d’octroi de permis  

D.A.
Des appartements de 60 mètres carrés comptant trois ou quatre chambres, des studios où la salle de bain n’atteint même pas deux mètres carrés : ce n’est pas à Londres ni à Tokyo que ça se passe, mais à… Charleroi ! « Si elle a suscité l’intérêt de villes comme Mons, Namur ou Wavre, la réglementation d’urbanisme en vigueur depuis 2013 pour la subdivision des maisons unifamiliales a montré ses limites » , selon l’échevine de tutelle Ornella Cencig (MR). C’est la raison pour laquelle à son initiative, une nouvelle circulaire vient d’être adoptée ce mardi par le collège communal carolo. L’entrée en vigueur a été fixée au 1 er janvier prochain. Sa force : apporter de la précision là où la précédente circulaire en manquait, notamment par rapport à la dimension des espaces intérieurs des logements. Dès le mois prochain, un appartement de 60 mètres carrés ne pourra plus compter qu’une seule chambre. Par chambre supplémentaire, il faudra 20 mètres carrés de plus. « Nous nous sommes également attelés à fixer des superficies réalistes – et des hauteurs sous plafond minimales – pour chacune des pièces, afin de garantir le confort des locataires. » Enfin, la surface brute habitable des immeubles à subdiviser a été légèrement augmentée, elle passe de 180 à 200 mètres carrés. Si la circulaire n’a pas force de loi, elle continuera à être appliquée avec rigueur au service urbanisme. L’an dernier, 415 demandes de subdivisions ont été instruites à Charleroi. « Nous en avons refusé 215, soit 60 %, pour 164 octrois de permis (40 %). » Les recours introduits chez le ministre ont été suivis dans 85 % des cas. L’échevine met en garde : les propriétaires qui prendront le risque d’effectuer des travaux sans permis en paieront le prix fort. « Chaque infraction urbanistique constatée donne lieu à l’élaboration d’un PV, et à l’ouverture d’une procédure pouvant aller jusqu’en justice » , note-t-elle. A la fin 2015, 300 infractions ont été constatées. « Nous en avons transmis la moitié au fonctionnaire délégué de la Région wallonne pour qu’il réclame aux auteurs des amendes transactionnelles, si les situations sont régularisables. S’il y a suspicion de fraude ou d’infraction pénale, le parquet du procureur du Roi en sera averti. »

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