A bas les lotissements !

Dans la revue « Plan Magazine » de juillet-août-septembre 2014 , Léo Van Broeck ( Président de la Fédération Royale des Sociétés d’architectes : www.fab-arch.be ) a rédigé une préface concernant l’urbanisation en Flandre.
En voici quelques extraits :
« Plus de 26 % de notre superficie ( ndlr la Flandre)est construite – un record en Europe – (…) Ainsi nous sommes porteurs d’une série de records très tristes : le plus grand nombre d’heures d’embouteillage par employé, le plus grand nombre de km de voiries par unité d’habitation, et le coût réel le plus cher par unité pour le raccordement aux services publics (eau, gaz, électricité, égouts, câbles, etc ). Plus de 70 % de notre faune et la flore et nos écosystèmes se trouvent dans la catégorie la plus basse juste avant l’extinction. Notre intensité énergétique ( = la consommation d’énergie par unité de produit intérieur brut ) est de 35 à 40 %  supérieur à la moyenne européenne et cette surconsommation est uniquement attribuable à la mobilité et le chauffage de bâtiments détachés. (…)  Les architectes et les urbanistes sont depuis plus d’un siècle complices de cette « mauvaise pratique » mais somme toute, c’est surtout le gouvernement qui est coupable. L’envergure de notre désastre urbanistique est connu et bien documenté depuis plus de 50 ans, les fonctionnaires et les technocrates connaissent les solutions , mais ce sont les ministres et les cabinets qui interdisent que cette connaissance soit transformée en politique. (…) En fait, on devrait interdire de faire des lotissements , de construire des maisons détachées ou d’activer encore des zones résidentielles disponibles en périphérie. En plus nous devrions urgemment réduire notre empreinte spatiale et miser sur la densification et l’urbanisation de nos villes. Cependant la politique – paralysée par la peur électorale – manque de courage pour prendre les mesures nécessaires. (…)

Ces quelques lignes méritent quelques commentaires :
1. Les chiffres avancés concernent la Flandre : on peut facilement imaginer que ceux-ci ramenés à la Belgique seraient tout autre . Dans l’autre sens , si l’on prenait par exemple la région Ile de France, ils seraient sans doute beaucoup plus catastrophiques. Il faut donc définir des territoires comparables. En cette matière , comme dans d’autres,  comparer des pommes et des poires n’est pas pertinent.  Mais ce qui ne veut pas dire que la situation n’est pas grave !
2. Les fonctionnaires et les technocrates connaissent les solutions : éternel conflit entre technocratie et démocratie ! A noter que quand les technocrates ont eu la main,  comme en France après la dernière guerre, leurs créations ( les banlieues HLM ) n’ont pas été considérées comme des réussites .
3. Les prix et les revues professionnelles d’architecture ne mettent la plupart du temps en exergue que des « bâtiments détachés ». La formation des architectes est axée sur  « l’exploit individuel » pour répondre aux besoins d’une société individualiste . La maison individuelle « détachée » est la conséquence logique de cette société individualiste.
4. A l’inverse de ce qui est avancé ici pour la Flandre, les habitants et les milieux professionnels en Wallonie ne cessent de se plaindre des contraintes en tout genre notamment sur la quantité de terrains à bâtir disponibles ( d’où leur coût exorbitant !) et la volonté de la région wallonne de promouvoir en priorité l’habitat groupé au sein des centres urbains .
Comme quoi, rien n’est simple ! Il faut convaincre de la pertinence des solutions proposées pour qu’elles soient acceptées et non imposées.
Alain Cordier

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