Un passé oublié rue Keramis à La Louvière

Dans un article paru dans Le Soir du 4 janvier 2012, Mr Schiavetto relaie l’inquiétude de Jacques Liébin, historien et ancien directeur de l’Eco-Musée régional du Centre. Le projet de centre commercial sur le site Boch prévoit de raser l’immeuble rue Keramis n° 26 que les architectes de la région connaissent bien puisqu’il abrite le service d’urbanisme de la Ville. Cet immeuble qui n’est pas sans qualité était en réalité l’ancien casino Boch que la famille avait construit à destination de son personnel. Jacques Liébin regrette le sacrifice d’un des rares bâtiments du XIXe siècle qui existe encore dans le centre de La Louvière.
Et il faut reconnaître que les gestionnaires de la Ville mais aussi les architectes n’ont pas fait preuve d’une vigilance exemplaire en ce qui concerne la sauvegarde de bâtiments présentant des qualités architecturales et/ou un intérêt historique.
Il faut aussi admettre que lors de l’examen du projet de centre commercial à construire sur le site Boch, nous n’avons pas réagi à la destruction programmée du 26 rue Kéramis … ignorant certainement qu’il avait été construit par la famille Boch mais aveugle aussi quant à  l’intérêt qu’il pouvait représenter pour l’histoire de la cité. Les péripéties des manufactures Royal Boch n’ont certes pas simplifiés une approche cohérente du devenir du site mais est-on certain que la solution retenue de tout raser était la meilleure solution ? La conservation du bâtiment des « fours bouteilles » noyé dans le nouveau projet de complexe commercial ne sera qu’une maigre consolation.
Que dire aussi de l’évolution des transformations de l’ancienne piscine de La Louvière ?
Les architectes doivent construire pour les générations futures, a-t-on coutume de dire, mais c’est impossible si cela ne se fait pas dans une continuité historique préservée.
Alain Cordier